L’UE ayant fixé ses quotas de SAF, il faut désormais financer l’offre si l’Europe veut en profiter sur le plan industriel

L’UE ayant fixé ses quotas de SAF, il faut désormais financer l’offre si l’Europe veut en profiter sur le plan industriel. Dans un article co-écrit avec PMP Strategy, nous analysons l'état des lieux du marché SAF européen.

Le règlement 2023/2405 « ReFuelEU Aviation » fixe une trajectoire ambitieuse pour l’intégration des carburants d’aviation durables (CAD, ou SAF en anglais), mais la montée en charge dépend de contraintes concrètes : disponibilité des intrants, surcoût par rapport au kérosène, ou Jet A1, le carburant actuel d’origine fossile, et capacité industrielle.

 En termes de besoins, la question clé devient la mobilisation du capital privé pour passer à l’échelle et construire une offre européenne robuste et produite localement.

La réglementation ReFuelEU Aviation, entrée en vigueur le 1er mars, fixe une trajectoire contraignante pour l’intégration des SAF dans l’offre des carburants disponibles dans les aéroports de l’UE : 2% en 2025, 6% en 2030, 70% en 2050, avec une composante eSAF (carburant synthétique issu d’électricité durable) progressive. Cette trajectoire a une vertu : elle crée une demande. Elle ne garantit pas, en revanche, la construction des capacités de production nécessaires sur le sol européen, ni le passage à l’échelle au rythme attendu.

À l’heure où le Sustainable Transport Investment Plan, ou STIP, annoncé par la Commission Européenne il y a quelques mois prévoit une enveloppe de 2,9 milliards d’euros consacrée aux carburants durables destinés à l’aérien et au maritime, l’accélération des SAF en Europe ne repose probablement plus sur l’augmentation des soutiens budgétaires publics. L’enjeu principal consiste désormais à déverrouiller l’investissement privé dans les capacités industrielles, car c’est lui qui conditionne la vitesse et l’ampleur du passage à l’échelle. Autrement dit, l’objectif est posé : la question est de rendre le secteur finançable.  

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